La Chatte

Ode à la Sœur.

Une nouvelle année commence (bonne année !). Et moi, je vais l’entamer avec un article qui, je te le dis d’avance, va dénoter un peu de mon style ordinaire. Y’a des chances (cet euphémisme) qu’il soit très personnel, peu illustré, et carrément sensible.

La Chouette multiplie les brouillons et s’enjaille sur des tas d’articles, prolifique comme elle est, enthousiaste à te parler d’énormément de choses (attends-toi donc à avoir de la lecture !). De quelque part est donc remontée ma petite culpabilité de ne pas être dans le même mouvement. Alors je me suis demandé sur quoi je voulais écrire. Et en ce moment, je voudrais parler de ma sœur. Ou plutôt de notre relation, à elle et moi, car je doute qu’elle accepte que j’étale sa vie en long, en large et en travers ici. Mais pardon – pas pardon – Sist’, c’est une déclaration d’amour.

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Sans dénigrer personne (tu te vexes pas, OK ?), ma sœur, c’est LA personne la plus importante pour moi. Je peux tout lui dire ou ne pas vouloir parler. Je peux être en accord ou carrément à l’opposé. On peut ne pas garder contact pendant des mois et se retrouver comme si on ne s’était jamais quittées.

Elle est ma cadette de quelques années. Je n’ai pas trop de souvenirs d’avant elle, quand elle n’était pas encore née. Je ne pense pas avoir été l’aînée jalouse à l’idée de perdre l’attention de ses parents pour un truc riquiqui et tout fripé. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été heureuse d’avoir une sœur.

Dans mon entourage, je n’ai rencontré personne ayant une relation aussi fusionnelle avec ses sœurs (et/ou frères). Pour certain.e.s, ça se développe et se construit depuis l’âge adulte. Avec Sist’, ça a toujours été là. Et je suis consciente de la chance que nous avons. Ça ne veut pas dire qu’on s’est jamais pris la tête, qu’il n’y a jamais eu de tensions. Mais, d’une manière ou d’une autre, on a toujours su endiguer les conflits, parfois aidées d’un parent (« DU SANG ! » scandait parfois notre mère – désamorçage assuré).

D’ailleurs, il est évident que le (très) bon contexte parental dans lequel nous avons évolué n’a pu qu’aider. On pouvait jouer des heures, des après-midi entières, seules dans cette gigantesque pièce qu’on appelait « la salle de jeux » puis, après déménagement,  dans l’une ou l’autre de nos chambres. Jusqu’à ce que j’entre au collège, nous dormions d’ailleurs dans la même, à pouvoir se toucher en tendant le bras. Et même lorsque nous avons fini par avoir notre chambre personnelle, elles étaient côte à côte et une petite fenêtre dans le mur nous permettait de nous voir, nous parler, de passer de l’un à l’autre de nos lits sans même avoir à marcher.

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Jamais mises en compétition, toujours en coopération. Il y avait toujours deux fèves dans les galettes à la frangipane (c’est de saison !). Dans l’année, à six mois et quelques jours d’intervalle, on fêtait les demi-anniversaires. Tout était à nous deux.

En tant qu’aînée, j’ai beaucoup tâtonné et j’ai débroussaillé les chemins. En tant que cadette, elle a avancé dans mes pas, plus rapide que moi au même âge. Elle a souvent voulu faire comme moi : équitation, piano… Plus mature pour son âge que d’autres, elle a aussi recherché la proximité avec mon cercle d’ami.e.s. C’est à cette époque qu’est apparue une des plus grandes tensions qui aient « malmené » notre adolescence. J’aurais voulu qu’elle ne soit pas toujours dans mes pattes, qu’elle ne fasse pas toujours la même chose que moi. À mes yeux, elle devenait une jeune femme plus sûre d’elle que je ne l’étais de moi. Avec le temps, j’ai compris qu’elle devenait un modèle comme j’avais pu l’être pour elle, qu’au fond, elle n’était plus juste ma petite sœur, mais aussi mon égale.

Aujourd’hui, la vie nous malmène un peu, elle plus que moi. Pour celle qui m’appelle « sorellina » (ce qui, en italien, veut dire… « petite sœur »), je compte avoir la force de pouvoir lui donner celle dont elle manque.

Des souvenirs communs en vrac :

Édifier des châteaux de Kapla jusqu’en haut de nos mezzanines, jeter des poupées dans les escaliers en mode saut à l’élastique avec une ficelle en laine, gratter des cartes de 1000 bornes pour les reconnaître de dos, bivouaquer dans un château en ruine, des cadeaux de demi-anniversaire foutage de gueule, des lectures jusqu’à des heures indécentes, des maquillages d’Halloween maison, un Monopoly avorté avant que ça dégénère, des citations écrites sur le mur des toilettes, son chat que j’ai poussé de la mezzanine, des photos avec un trépied, de la lecture à voix haute, des discu-citations, de l’organisation culinaire chez la Mère, se battre pour le clavier à Rayman M, prendre un bain à deux et découvrir L’attaque des Titans, sous la pression me retrouver à mater des nanars (collaboration de la Sist et du Père), finir Le Voyage de Chihiro et l’entendre me demander en lisant la boîte « mais c’est qui ‘Haku’ ? » (prononcé A-Q), aller la chercher à pied à l’école, ramasser des mirabelles et des cerises, speedrunner un jeu Papyrus, s’inspecter en entier contre les tiques en rando…

1 réflexion au sujet de “Ode à la Sœur.”

  1. Oh! J’aurais clairement pu écrire cet article pour mon frère! On a moins de 2 ans d’écart et on est fusionnels depuis sa naissance, comme vous deux (avec aussi un passage à vide à l’adolescence ^^). C’est tellement important d’avoir un frère/une soeur proche de nous ❤ quel bel article!

    Aimé par 1 personne

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