La Chouette, Livres

Ces trucs qui changent la lectrice que je suis en Mère Fouettarde

J’inaugure ces petits articles du mercredi autour de thèmes divers et variés en rapport avec la lecture, et quoi de mieux que le mois de la surconsommation, des cadeaux revendus sur Amazon et de l’indigestion chronique pour lancer tout ça ?

Énormément de choses, en fait.

Comme je passe une partie conséquente de mon temps libre à bouquiner, la force de l’habitude a fait de moi une personne exigeante, et là où tu as vu un livre sympathique qui t’a fait passer un bon moment, de mon côté j’ai déjà lâché ma meute de chiens de guerre à la recherche du scribouillard qui a pondu un tel monument de clichés et de tropes plus attendus les uns que les autres. Mais, me demanderas-tu, toi qui passes tout ton temps à être insupportée, qu’est-ce qui t’insupporte le plus, au juste? Est-ce que tu es allée consulter, parce que tant de haine concentrée en une seule personne c’est quand même pas commun?

Merci de ta sollicitude, et figure-toi que oui. Après m’avoir écoutée déblatérer pendant de nombreuses séances sur les triangles amoureux cucul qu’on voit arriver depuis le chapitre trois, mon chat, qui cumule les jobs de bouillotte et de psychologue pour m’aider à payer ses Purina One, m’a conseillé d’en faire un article pour te présenter les cinq trucs qui me font passer instantanément de Mère Noël sympathique et 100% sans barbe, à terrible Mère Fouettarde en combinaison de latex qui crache du feu par les yeux.

Les couvertures de livre avec les images du film ou du jeu

ugly elvira mistress of the dark GIF
Image d’archives de ma rencontre avec n’importe quel Grangé ré-édité

Rien n’est plus frustrant pour quelqu’un qui aime les beaux livres que de se voir offrir un roman dont la couverture représente une image du film qui en a été adapté. Tu ne peux pas imaginer l’affront que c’est pour un lecteur, affront qui atteint des degrés de gravité quand le film a été, en plus, un pur ratage. Non seulement le visuel est souvent bof, mais en plus, je trouve que ça empêche systématiquement le lecteur de se projeter dans le livre, et d’imaginer le héros par ses propres moyens. Si tu lis La Ligne Verte et que tu vois Tom Hanks sur la couverture, c’est fini : pour toi le héros, c’est pas Paul, c’est Tom Hanks. Pour te donner un exemple criant : Beardman est, comme moi, fan de la licence The Witcher, il a donc voulu lire la saga de livres qui a donné naissance au jeu. Imagine son niveau de seum quand il a découvert mes exemplaires en cuir relié de la saga alors qu’il s’est coltiné la version poche avec la tête du Geralt des jeux vidéo sur la couverture. Y’a un certain déficit de swag.

Les clichés de la romance, surtout chez les Young Adult

Aaron Tveit Kiss GIF by Grease Live
Et ce genre de scène qui me fait toujours rouler des yeux.

Dans le monde merveilleux de la romance Young Adult, les gens tombent éperdument amoureux en trois secondes chrono. Ils portent des vêtements trop cool et conduisent une jolie voiture pour rentrer de leur travail qui est vraiment trop nul et en dessous de leurs capacités, mais leur permet tout de même de gagner de quoi vivre dans un appartement bien situé, et meublé comme chez Maisons du Monde. D’où vient tout cet argent, dans quel monde un assistant ou une vague secrétaire font le double du SMIC alors qu’ils sont nouveaux dans la boîte ? Personne ne le sait, et tout le monde s’en fout parce que le seul but dans la vie de l’héroïne, c’est de savoir si elle est amoureuse de Jean-Michel, son love interest du début, ou de John-Michael, le séduisant seul autre personnage masculin du bouquin, qui ne pourra JAMAIS être un ami sans inclure le lot d’ambiguïtés bien gênantes qui font que dans la vraie vie, tu aurais appelé les flics et demandé une injonction d’éloignement. Et le pompon du pompon : le « elle n’est pas comme les autres filles ». RAAAAAAAAAH MAIS ARRÊTEZ AVEC CA.

Les tailles de bouquins complètement pétées

Je veux pas que mes étagères ressemblent à ça, merci.

Bon, peut-être que ça n’énerve que moi, mais j’aimerais que les maisons d’édition se mettent toutes d’accord pour instaurer des standards de tailles. C’est très inesthétique de voir tous ces romans dans ma bibliothèque, qui ressemblent plus à une montagne russe qu’à un joli alignement de pavés parfaitement réguliers. Chaque maison d’édition a ses propres tailles,donc d’une saga à l’autre, c’est le grand écart. Le must de l’agaçant revient quand même à acheter toute la saga au fur et à mesure de sa sortie, et se rendre compte qu’en cours de route, les éditeurs ont décidé de réduire la hauteur des grands formats de quelques millimètres. Mais ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! Vous ne pouvez pas faire ça ! Je vous donne mon argent, respectez mon sens pointilleux de l’esthétisme et arrêtez de tergiverser d’un tome à l’autre !

Massacrer les fins de livres

Awkward Hate You GIF by Dude Bro Party Massacre III
Quand tu t’es clairement plus investi dans l’histoire que l’auteur

C’est une appellation qui englobe beaucoup de choses, mais j’avoue que j’avais des exemples en tête. Je déteste, je DÉTESTE, les fins qui te dépossèdent de l’univers dans lequel tu t’es investi pendant toute ta lecture. Celles qui t’empêchent de rêver à l’avenir des personnages, et qui t’imposent en quatre ligne une fin étendue dont tu ne voulais pas. Un exemple concret ? Imaginons, complètement au hasard, une saga de sept livres qui se termine par le triomphe du héros, mais au prix de beaucoup de sang, de personnages secondaires attachants tombés au combat… quelle belle fin ! Et si on foutait tout en l’air en écrivant un épilogue de trois pages dans lequel tous les protagonistes sont mariés les uns avec les autres et ont une ribambelle de gosses auxquels ils ont donné les noms de tous les gens morts de la saga? MH ? Je loge à la même enseigne les écrivains qui ne sont pas capables de terminer proprement leurs romans. Je conçois que ce soit difficile de terminer son histoire, de mettre un point final à tout ça, mais c’est important de soigner sa fin, voyons ! C’est la dernière impression qu’on gardera du livre ! C’est un sentiment très frustrant d’avoir lu un roman bien construit dont la fin semble avoir été rédigée à quarante minutes de la deadline, histoire d’être à l’heure pour la rentrée littéraire de Septembre…

Le champ d’honneur des livres disparus

Clown Grave GIF
Nope. Toujours pas retrouvé mon exemplaire de « Martine Jardine ».

Je suis loin d’être la fille la plus organisée, et il m’est arrivé en récupérant les bouquins de mes années lycée laissés chez ma mère, de découvrir un livre dont je suis sûre que je ne l’ai pas acheté. Mais quand je réorganise ma bibliothèque, force est de constater que mon intégrale III du Trône de Fer ou ma duologie « Ça » ne sont pas parties en stop pour passer des vacances au Belize. C’est au final plus de quinze livres qui ont disparu, et que je sais que je ne reverrai jamais. Que font ces gens avec mes livres perdus ? Est-ce que ma Divine Comédie de Dante cale une table basse ? Est-ce que mon tome 3 de La Croisée des Mondes sert de griffoir à chat ? Ou peut-être est-ce une conspiration Franc-maçonnique dont le but est d’empêcher les librairies de France de fermer ? Alors, je ne prête plus, ou qu’à des gens de confiance et en nombre restreint, mais je pense sérieusement à acheter un kit pour faire comme les cartes de bibliothèques, parce que même si je ne le précise jamais, chacun de mes livres a le même nom : « reviens »

Il y a encore un millier de trucs que je pourrais citer, comme le phénomène de disparition instantanée de mes plus beaux marque-pages ou les personnages principaux qui se décrivent en se regardant dans un miroir, mais telle la Mère Fouettarde que je suis, je dois me concentrer sur ce qui me donne vraiment envie de claquer des cuculs rebondis. Et toi, c’est quoi les trucs de lecteur·ice qui t’horripilent ? Les gens qui cornent les pages de leurs livres méritent-ils d’aller en enfer? Dis-moi tout, je t’attends dans les commentaires ! 

LaChouette

4 réflexions au sujet de “Ces trucs qui changent la lectrice que je suis en Mère Fouettarde”

  1. Je plussoie mille fois : on ne corne pas les pages d’un livre grmpf, après la tranche n’est plus régulière, c’est inesthétique au possible et je peux pas profiter de mon rayonnage sans savoir que là, précisément à cet endroit, quelque chose n »est pas DROIT.
    Idem avec les livres de poche dont on plie la tranche pour qu’il reste ouvert « à plat »… Jamais compris, vu que du coup, le livre ne reste ouvert bien proprement qu’entre les deux pages que tu viens de niquer, quoi. Merci mais non merci.
    J’avais un très beau marque-pages (en métal doré, avec une sorte de masque vénitien au bout, le bel objet quoi), mais vu que je n’ai pas terminé Les Bienveillantes, que j’ai certainement égaré au fin fond de mon placard d’adolescente dans la maison familiale, ben je peux pas m’en servir ailleurs. Donc je prends ma déclaration d’impôts 2018 (marche aussi avec les factures d’eau, les avis de passage de la Poste et tout autre truc administratif relou)(#astuce, toi aussi donne une autre vie à toute ta paperasse) ou le premier truc (mon portable, un briquet, une allumette, un bijou, un câble USB, soyons fous) qui me tombe sous la main pour ne pas perdre l’endroit où je suis.
    En même temps, je lis trop de livres à la fois (j’ai du mal à lire un seul roman à la fois, il y a un effet de lassitude particulier chez moi, j’aime bien alterner)(sauf quand le livre me « happe », mais bon, c’est pas tous les huits jours non plus), donc si je devais avoir un marque-page stylé pour chaque livre entamé, il me faudrait un tiroir dédié pour les ranger…
    J’ai un problème aussi avec les couvertures illustrées par les adaptations télé/ciné/animé, ça me parasite totalement l’image que je pourrais me construire moi-même du livre, de ses personnages et de tous les petits détails qui fourmillent à chaque page. Pour Harry Potter, je suis contente d’avoir fait partie de la génération qui a connu l’effervescence des sorties en librairie de chaque tome, à faire la queue devant l’entrée, toute fébrile à l’idée de passer une nuit blanche à lire la suite des aventures du petit sorcier à lunettes. Maintenant, rien qu’apercevoir le minois d’Emma Watson et de Daniel Radcliffe me donnent de l’urticaire (il n »y a que Rogue, incarné par Alan Rickman dont je trouve le casting à peu près réussi) 😀

    Aimé par 1 personne

  2. Mais tellement !! Surtout pour mes livres disparus… c’est pas faute d’avoir inscrit mon nom à chaque première page… du coup pareil, je ne prête plus sauf aux personnes de grande confiance !

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  3. Je suis tellement d’accord avec ton article !

    et j’ajouterais que j’en ai ras-le-bol des romans que j’appelle « romans légers » (le genre de lecture facile entre 2 gros Stephen King, la collection Piment quoi) dans lesquels les héroïnes bossent systématiquement dans la presse ou l’édition, ou encore la pub… Les nanas ne sont jamais caissières, ou serveuses, ou encore chômeuses… et bien sûr, ces nanas tombent systématiquement amoureuses du type que justement elles prétendaient exécrer dès le début de l’histoire… Par pitié, un peu d’originalité, arrêtez de pomper Bridget Jones et consœurs !

    Quant aux gens qui cornent les pages des livres, alors qu’il suffit d’un bout de papier qui traîne pour faire un marque-page, ils méritent un bon lynchage sur la place publique ! lol

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