Cursivatorium, La Chouette, Livres

Cursivatorium #03

Tu l’auras peut-être remarqué, mais j’ai pas écrit depuis un moment.

La faute à cette époque de l’année où je n’ai pas le temps de lire, beaucoup de travail en retard, et où j’ouvre un millier de brouillons pour des articles, sans jamais les terminer. Cette période semble désormais derrière moi, et en plus, les grosses chaleurs de l’été sont sur nous, ce qui me laisse moult temps pour… bah, rester enfermée chez moi au frais parce que je tiens plus de la flaque que du vertébré dès qu’on passe au dessus des 25°C. J’ai donc préféré te présenter mes lectures de ces trois derniers mois en même temps plutôt que de faire des articles séparés. Comme j’avais peu de temps pour moi, j’ai privilégié les formats qui se lisent vite, et j’ai doublé ma consommation de mangas et comics, donc j’avais l’impression de ne rien avoir à te présenter, mais force est d’avouer que j’arrive à un petit compte rondelet. Autant te le dire, cette fois-ci le contenu jeunesse est bien représenté, et j’ai PLEIN de choses à dire dessus. Tu sais que j’ai tendance à tirer sur ce qui m’a déplu jusqu’à ce que ça ne bouge plus, alors attrape du pop-corn et assieds-toi. Si tu étais déjà assis.e, ne change rien t’es au top.

Au Revoir Là-Haut – Pierre Lemaitre (2013)
N°46 – Un Livre Historique

Image associée

Albert Maillard, petit comptable, et Edouard Péricourt, fils d’un ami du Président, se rencontrent de la manière la plus improbable qui soit. Ils ont beau être dans la même compagnie depuis le début de la Première Guerre Mondiale, c’est à peine s’ils se sont adressés la parole, jusqu’au jour où leur lieutenant, Henri d’Aulnay-Pradelle, aristocrate arriviste prêt à tout pour monter en grade, lance une offensive à deux jours de l’Armistice : les Allemands ont tué deux de ses éclaireurs. Albert découvre bien malgré lui que les éclaireurs sont morts d’une balle dans le dos, et se fait pousser dans un trou d’obus par un Pradelle démasqué. Au moment où Albert, recouvert de terre, se prépare à mourir, il est sauvé in-extremis par Edouard, lequel se prend un éclat d’obus dans le visage. Démobilisés, Albert, devenu paranoïaque, et Edouard, maintenant gueule cassée sans mâchoire, ont du mal à se faire une place dans la société, l’Etat étant bien plus occupé à glorifier les morts qu’à remercier les vivants. Laissés pour compte, ils ourdissent un plan qui pourrait à la fois les rendre riches et les venger d’une telle ingratitude, après que la guerre leur ait tout pris.

Je me rappelle encore de l’année où il est sorti : on le voyait partout dans les rayonnages de la Fnac, mais mon attention n’avait pas été piquée. Il aura fallu attendre la sortie du film du même nom en fin 2017, réalisé par un de mes acteurs favoris, Albert Dupontel, dont je te parlerai SÛREMENT de manière plus approfondie. En l’occurrence, quand je suis sortie du ciné, j’avais des paillettes dans les yeux tellement j’avais aimé, j’étais donc décidée à me procurer la version papier. Le roman est abordable, facile à lire ; le style volontairement familier mais jamais vulgaire colle au personnage du soldat Maillard. Au Revoir Là-Haut n’a pas pour ambition d’être historiquement irréprochable, mais le scandale attribué dans le roman au capitaine Pradelle est cependant une réalité historique, et ça foisonne de petites informations sur la France d’après-guerre. Les personnages ne sont jamais manichéens, j’aime énormément la manière dont ils sont présentés. Aucun n’est entièrement mauvais, même Pradelle qui veut juste restaurer l’honneur de sa famille, et on peut questionner la morale d’un bon nombre des protagonistes. En définitive, ce livre s’est hissé dans le top 20 de mes meilleures lectures, et j’ai l’intention de lire la suite, parue en janvier 2018, dans les prochains mois.

Les + : 
Le contexte d’après-guerre très intéressant.
Le roman se laisse lire tout seul, un véritable page-turner historique.
Les – :
Certains passages peuvent angoisser les claustrophobes et les gens qui ont du mal avec l’amputation.

P’tit Gros – Benoît Grelaud (2017)
N°52 – Un Livre au hasard dans ma pile à livres

Résultat de recherche d'images pour "P'tit gros"

Axel, 13 ans, a une vie vraiment difficile. Issu d’une famille monoparentale, il compense la souffrance d’avoir été abandonné par son père en mangeant. Dégoûté par son apparence mais aussi par l’image peu flatteuse que lui renvoie le regard de son frère, Tony, qui vient d’être accepté dans l’équipe de France de Boxe, Axel vit son poids comme une malédiction. Obligé de se réfugier dans les livres pour s’évader car il n’a pas d’amis, il vit un cauchemar au collège. Tous les jours, ce sont des insultes, parfois même des coups, qui lui font envisager les solutions les plus extrêmes. Après deux tentatives de suicide, il finit par trouver la motivation de se mettre au sport, galvanisé par l’exemple de son frère, et trouve l’amour en la personne de Julie, qui le soutiendra à travers les épreuves qui le mèneront de l’Obésité aux Jeux Olympiques.

Je t’avais promis du sang, alors voilà. Pour être parfaitement honnête, je trouve ce livre d’une médiocrité sans nom. Le style est pire que pauvre, écrit au présent simple émaillé de quelques phrases conjuguées au passé (peu importe lequel, visiblement), et il ne se passe rien. RIEN. Je l’ai terminé en une heure et demi alors qu’il est sensé faire 356 pages. L’impression générale, c’est que l’auteur a écrit son histoire déjà un peu douteuse (parce que la morale c’est que quand tu es gros, le seul moyen de trouver le bonheur c’est de perdre du poids, et c’est cadeau les trois pages de conseils régime et détox…), s’est rendu compte qu’il devait encore fournir 200 pages et a décidé de faire du remplissage en parlant d’autres œuvres. Puisque l’auteur a décidé que le Gros Axel aimerait se cultiver parce que personne ne veut de lui, il passe son temps à parler de livres ou de films, tendance qu’il pourra caler tout le long de l’histoire parce qu’il insistera lourdement aussi sur le fait que le Axel Boxeur aime toujours lire, vous voyez, les gros, on peut être fit et cultivé. Tu pourras donc goûter à un résumé d’autres œuvres, comme Le Château de Ma Mère de Pagnol, ou Million Dollar Baby de Clint Eastwood. Et c’est d’une lourdeuuuuur, le seul intérêt, c’est de pouvoir sauter une dizaine de pages de cette purge si tu as déjà lu ou vu le format dont Axel te parle. Mais tu ne sais pas tout. Parce que ces résumés ne sont pas là par hasard. C’est le pire fusil de Tchekov que j’aie jamais vu : le narrateur te dit « oh, comme Pagnol aimait sa mère, c’est triste elle est morte quand il avait 15 ans« , « oh, quelle tristesse d’aimer un sport et de plus jamais pouvoir en faire parce qu’on est paralysé« , et devine qui perd sa mère à 15 ans et voit son frère boxeur perdre une jambe ? EH BAH OUI. Mon incrédulité a atteint un niveau rarement égalé quand je suis tombée sur une critique de France 5 qui taxait ce livre de « petite merveille« , à croire qu’on n’a pas lu le même. Je concède cependant que les passages qui traitent du harcèlement sont crédibles, il fallait au moins un point positif dans ce brouet de médiocrité.

Les + :
Le thème du harcèlement scolaire est abordé de manière convaincante, quoique sommaire. On a tendance à oublier que c’était sensé être le thème du livre.
Les – : 
Les passages Télé 7 jours dont on se passerait bien.
Le faux mystère des passages situés des années après le récit.

La Curée – Emile Zola (1871)

N°30 – La Suite d’Une Saga

Résultat de recherche d'images pour "La Curée"

Aristide Rougon, qui se fait appeler Saccard à la demande de son frère, ministre sous Napoléon III afin que leur lien de parenté reste discret, n’a qu’un seul rêve : faire fortune. En spéculant sur les futurs terrains qui intéresseront le baron Haussman lors des grands travaux menés pour moderniser Paris, il parvient à ses fins malgré son départ depuis le bas de l’échelle sociale. Pour sembler plus accessible auprès de son nouveau cercle de fréquentations, il fait venir son fils, Maxime, du petit village de province dont il est originaire, et se marie par intérêt à une jeune fille bien dotée mais déshonorée par un viol, Renée. Pendant qu’il participe à la « curée », ce dépeçage en règle de la ville, et qu’il fait grandir ses richesses, sa femme ne cesse de dépenser pour mener un train de vie où tous les plaisirs sont au rendez-vous, mais rien ne peut satisfaire sa lassitude. Sauf peut-être une aventure secrète et interdite avec le jeune Maxime…

J’avais lu La Fortune des Rougon, le premier tome de la saga des Rougon-Macquart, après avoir lu un thread twitter très sympa (désormais introuvable sur le compte original), où était résumée à l’extrême l’intrigue de chaque tome. Et j’étais loin de me douter que j’accrocherais autant à l’histoire ! On te raconte la vie d’une famille sous le Second Empire, génération après génération, depuis le coup d’Etat de Napoléon III à sa destitution, en y explorant tous ses vices et dérives. Dans ce tome-ci, Zola parle du désossement de la ville de Paris au profit d’une classe sociale qui s’enrichit encore plus, et il le fait intelligemment au travers de personnages odieux auxquels on s’attache malgré tout en attendant leur chute. Aristide est un parvenu, un carriériste corrompu, qui n’hésite pas à trahir ou à mener les gens à leur perte tant que triomphe son objectif personnel. Sa femme n’était même pas encore morte qu’il projetait de se marier à Renée, victime de son époque, échangée entre son père et son mari : le premier y gagne argent et titres, et le second conserve le prestige de son nom. Prisonnière de la situation, elle ne pense qu’au luxe, aux ragots et aux apparences, trompant son ennui entre les bras d’amants de passage dans l’indifférence totale de son mari, avant de jeter son dévolu sur son beau-fils. Maxime n’est guère mieux : décrit comme très féminin et mou, il se laisse ballotter de soupirante en soupirante, entretenu comme une courtisane, assez cynique pour avoir conscience de sa situation sans pour autant y remédier. Je n’ai pas vu passer le temps en lisant ce tome, même si je l’ai moins apprécié que La Fortune des Rougon.

Les + :
Une saga historique qui te donne envie d’écouter en cours d’Histoire
Le style de Zola est très agréable à lire, entre le factuel et le poétique.

 

Le Clan des Otori : Le Silence du Rossignol –  Lian Hearn (2002)

N°19 – Un Livre écrit sous pseudonyme

Résultat de recherche d'images pour "Le Clan des Otori"

Tomasu est un jeune garçon qui vit dans un village peuplé d’une communauté appelée Les Invisibles : il s’agit d’une secte pacifiste qui condamne toute violence. Il se rend compte rapidement qu’il possède une ouïe très développée. Un soir, il rentre de sa balade pour découvrir son village massacré jusqu’au dernier habitant par les guerriers Tohan, qui persécutent et éradiquent les Invisibles d’un bout à l’autre de leurs territoires. Sauvé de justesse d’une fin semblable par Otori Shigeru, un seigneur du clan Otori, il éprouve pour lui une gratitude sans bornes. Lors de leur voyage, Shigeru découvre l’ouïe exceptionnelle de l’enfant, et décide de l’adopter, le renommant Takeo. Il lui expose son plan : le former à l’art délicat et rigoureux de l’assassinat afin de les venger tous les deux, et pour parvenir à Iida Sadamu, chef des Tohan, il faut passer au delà d’un parquet si sensible qu’on dit qu’il chante comme un rossignol lorsqu’on marche dessus. Un parquet qui agit comme le meilleur des gardiens pour cet homme paranoïaque qui cherche, de son côté, à faire éliminer le seigneur Shigeru par tous les moyens après s’être débarrassé de son frère…

Je sais que beaucoup de gens ont lu ces livres pendant leur adolescence, mais je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à l’an dernier. L’histoire se déroule dans un pays imaginaire qui ressemble fortement au Japon féodal, ce qui permet à l’auteur de mêler conformité historique et imagination sans se faire taxer de fraude par les puristes, et ça donne toute son originalité à l’histoire, parce que le scénario, en lui-même, ressemble beaucoup à ce qu’on trouve dans des sagas comme le Trône de Fer ou Les Rois Maudits : des femmes otages qui ne servent qu’à sceller des alliances, des familles qui se poignardent entre elles, des oncles jaloux qui empoisonnent l’héritier légitime… Comment ne pas accrocher ?

Les + :
Une recette qui a fait ses preuves avec juste ce qu’il faut de dépaysement

 

Hate List –  Jennifer Brown (2009)

N°44 – Un Livre dont le Titre est dans une Langue Etrangère

Image associée

Nick et Valérie s’aiment à la folie. Comme beaucoup d’adolescents marginaux, ils ont trouvé l’un en l’autre le soutien nécessaire pour supporter leur quotidien, fait de harcèlement, d’insultes et des crachats dont ils sont souvent la cible. Ils éprouvent la même colère face à l’injustice de ce monde et partagent, entre autres secrets de couple, une liste sur laquelle ils ont noté les noms de leurs harceleurs, mais aussi de toute personne qui les a contrariés un jour, formant la « liste de la haine ». C’est un petit jeu entre eux. Du moins, c’est ce que Valérie pensait jusqu’au matin où Nick est entré armé dans le lycée avant de tirer sur leurs camarades. Abasourdie, elle prend conscience que Nick ne tire pas au hasard : il vise les noms de la liste. Comprenant l’intention de son compagnon, elle se jette devant une de ses camarades au moment où il tire : touchée à la jambe, elle s’évanouit. À son réveil, Nick est mort, les médias connaissent l’existence de la liste de la haine, et la police, persuadée de sa complicité, lui agite une pile de screenshots de conversations et de textos très explicites sous le nez. Autant de preuves que Valérie n’a pas su voir à temps.

Pile quand je commençais à perdre foi en la littérature young adult, prête à céder au cliché voulant qu’elle n’aborde que des relations amoureuses super cucul entre deux êtres incompris dont les parents sont trop nuls parce qu’ils essaient d’aider, ce livre m’est tombé entre les mains. Et je t’avoue, j’ai failli pleurer plus d’une fois. Le thème de la tuerie en milieu scolaire est déjà assez rude comme ça, mais le point de vue très original de la copine du tueur fait toute la différence : Valérie est tiraillée entre sa propre responsabilité pour avoir écrit la liste, son sentiment de culpabilité parce qu’elle n’a pas su déceler les signes, son isolement face à des parents qui la regardent comme un monstre, une ville entière persuadée qu’elle est la responsable du carnage, la douleur physique liée à sa blessure, sa colère, son sentiment de trahison et son deuil d’un petit-ami aimant et attentionné que personne d’autre qu’elle ne connaissait. Ici pas d’autre histoire d’amour que les petits flashbacks que Valérie revit par moments, et qui n’ont pour mission que de contraster avec l’image du tueur fou donnée par la couverture médiatique du carnage ; les thèmes du harcèlement, de la rancœur, de l’isolement, de la dépression sont très bien abordés, et on a vraiment l’impression d’y être. Un coup de cœur.

Les + :
Le livre est émouvant sans tomber dans le pathos absolu.
Un point de vue original servi par un personnage d’adolescente réaliste.

 

Le Joyau Noir – Michael Moorcock (1973)
N°5 – Un Livre écrit par un  Auteur de moins de Trente Ans

Résultat de recherche d'images pour "Le Joyau Noir"

Après que la ville de Kôln ait été soumise en une nuit par les armées du Ténébreux Empire, crucifiant ou vendant les enfants captifs alors que les adultes ont le choix entre la mort ou l’armée, l’héritier du duché de Kôln, lui, a été emprisonné. Prostré dans sa cellule, Dorian Hawkmoon a tellement souffert en assistant à la mise à sac de la ville et au supplice de son propre père qu’il n’éprouve plus la moindre émotion, le moindre désir. Il semble qu’une partie de lui soit morte ce jour là. Mais le baron Melladus, hiérarque de l’Empire, lui fait implanter le Joyau Noir, petite pierre souple comme la chair et irradiant une chaleur anormale, en plein centre du front. Il s’agit d’une torture inédite et incroyablement cruelle, qui forcera sa victime à obéir aux ordres.
Ainsi Melladus pourra faire ployer les forces qui empêchent l’Empire de Granbretanne d’asseoir sa supériorité sur le monde en leur envoyant celui qui semble être le fils traumatisé d’un duc allié, mais qui ne sera qu’un pantin à son service…

Je sais que l’auteur est un grand classique du monde de l’heroïc-fantasy, avec sa saga « Elric », mais je n’avais jamais rien lu de Moorcock jusqu’ici… et soit je suis tombée sur l’avorton de sa bibliographie, soit ce n’est pas pour moi. Pourtant c’était bien parti, l’introduction sur un seigneur dont le fief (qui correspond à la Camargue, en fait) est indépendant du reste du royaume, pratiquement entièrement annexé à la Granbretanne, était vraiment sympathique bien qu’un peu longue. Mais tout se gâte avec Hawkmoon. Déjà, le fait qu’il soit tout vide fait qu’on a zéro attache avec lui tout au long du livre, et puis on te parle du joyau noir comme d’un truc super cruel et sophistiqué, mais non seulement le joyau n’a que peu d’intérêt, mais en plus on finit par l’en débarrasser en un paragraphe. Décevant. En plus de ça on tombe dans un tel manichéisme que c’en est douloureux : le Ténébreux Empire adore le noir, les armures, les épées, empaler des enfants, être méchant, les objets à l’esthétique agressive, et froncer les sourcils très fort mais leurs émissaires ne comprennent pas pourquoi ils ont une mauvaise image auprès des autres. Un mystère à couper le souffle. Le style est accessible sans être particulièrement passionnant, bref un livre rapidement consommé et déjà oublié.

Les + :
Une introduction qui donne envie…
Les – :
…mais le reste n’est pas à la hauteur.
Un empilement de clichés tout bonnement ébahissant.

La Belle Sauvage –  Philip Pullman (2017)

N°15 – Le Petit Dernier d’un Auteur

Résultat de recherche d'images pour "La Belle Sauvage"

Malcolm Polstead a onze ans et partage sa vie entre étudier à l’école, servir les clients dans l’auberge familiale, donner un coup de main aux bonnes sœurs du prieuré en face de chez lui et prendre soin de son canoë, La Belle Sauvage. Intelligent et d’un naturel curieux, il ne peut s’empêcher d’entendre parler de l’arrivée d’un mystérieux bébé au sein du prieuré, un bébé que, très rapidement, de nombreuses personnes mal intentionnées se mettent à rechercher avec frénésie. Dans un contexte où le pays est dominé par une autorité religieuse chaque jour plus puissante et plus rigide, allant jusqu’à encourager les enfants à dénoncer quiconque a un comportement suspect, le jeune garçon se retrouvera rapidement à bord de la Belle Sauvage, poursuivi par un ennemi terrifiant le long d’un périple dans une Angleterre en proie à une inondation sans précédent, afin de sauver le bébé, afin de sauver Lyra…

Ce livre est le premier tome de la saga préquelle « La Trilogie de la Poussière », qui se situe donc une dizaine d’années avant les événements décrits dans Les Royaumes du Nord, et pour cette raison, je te conseille fortement de ne PAS lire ce livre si tu n’as jamais lu les trois précédents, parce que ce tome approfondit des informations qui nous ont été livrées dans la trilogie originelle : tu risques donc de te faire méchamment spoiler. Ça reviendrait à regarder les Star Wars dans l’ordre chronologique : la fameuse scène de la révélation de Dark Vador auprès de Luke perd beaucoup d’intérêt quand tu connais déjà toute la vie d’Anakin. Bah là, c’est pareil. Mon appréhension première, c’était la peur d’être déçue par la suite d’une saga qui, à mes yeux, vient juste après Harry Potter dans la liste des œuvres qui m’ont construite en tant que lectrice, et il n’en est rien. Il ne faut que quelques pages pour s’attacher au héros, on sourit à la mention de personnages connus, on frissonne pour les jeunes protagonistes au fur et à mesure de leur périple, et l’écriture toujours aussi agréable nous fait dévorer ce qu’on a entre les mains. J’ai lu ce livre en un peu plus d’une journée, et je n’attends qu’une chose : la suite.

Les + :
Retrouver tous les personnages qu’on aime dans un contexte qui nous apporte plus de détails sur la trilogie de la Croisée des Mondes.
Un style très agréable qui se lit quel que soit notre âge.

 

Blacklistée – Cole Gibsen (2015)
N°49 – Un Livre choisi pour sa couverture

Résultat de recherche d'images pour "Blacklistée"

Regan est une élève populaire : belle, intelligente et bosseuse, elle fait partie du cercle béni des adolescentes à qui tout sourit, bref, tout le monde rêve d’être elle.
Ou d’être ce qu’elle montre qu’elle.
Car Regan, fille d’une sénatrice Républicaine, souffre dans le plus grand secret de trouble de l’anxiété, écrasée par la pression que sa mère place sur ses épaules : tous les aspects de sa vie doivent être parfaits pour servir sa campagne et ne pas donner de grain à moudre à ses adversaires. Pour respecter les attentes de sa mère (en l’occurrence, ici, entrer dans l’équipe des pompom girls et être présidente du conseil des élèves), Regan est prête à tout, y compris aux pires bassesses. Armée de ses deux amies tout aussi insupportables qu’elle, Regan n’hésite pas à déterrer les petits secrets honteux des personnes qui auront le malheur de se retrouver sur son chemin. Mais lorsque quelqu’un affiche l’historique de conversation de Regan dans tout le lycée, mettant à jour toutes les médisances de la jeune fille, sa petite vie bien réglée tourne au cauchemar le plus noir.

 

Quand j’ai commencé Blacklistée, je ne m’attendais pas à un second Hate List. Et heureusement, j’aurais été déçue. Cependant, ce livre est bien meilleur que #Famous, qui a également pour thème de fond les réseaux sociaux, le harcèlement et les dérives de notre monde 2.0. En fait, Blacklistée ressemble davantage à ce que j’imaginais en commençant #Famous que le livre en question. Au début du livre, tu as du mal à t’imaginer ressentir de la compassion (ou quoi que ce soit de positif) envers l’héroïne. Autocentrée, médisante et hautaine, elle n’a rien de commun avec toi. Même si j’ai parfois eu l’impression que Regan ne supportait pas « assez » de pression pour s’autoriser à être aussi abjecte au début du livre, il faut imaginer passer une vie entière soumise à une pression d’enfer à cause de la carrière politique de sa mère. Sa vie est tirée à quatre épingles pour être médiatiquement parfaite. Elle est obligée de rentrer dans l’équipe des pompom girls, dans le conseil du lycée, d’être bien sous tout rapport, et peu importe qu’elle ait envie d’intégrer ces structures ou de suivre un cursus d’arts appliqués. Source constante de désappointement pour sa mère, Regan fait de sa vie une comédie, incarnant un rôle qui tue doucement sa véritable personnalité, le tout se traduisant par des attaques de panique et crises d’angoisse à répétition. Mais les troubles de l’anxiété, c’est pas très « valeurs de la famille américaine », donc sa mère fait mine de ne rien voir. Au final, il y a plein de choses que je qualifierais de cucul, et qui n’arriveraient JAMAIS dans la vraie vie (comme le lycée entier qui se ligue contre toi sauf le mec qui te détestait depuis le début) et tu vois l’histoire d’amour arriver à des centaines de kilomètres en hurlant, sans parler du fait que niveau représentation, visiblement la ville en question est 100% blanche, à en juger par les prénoms des personnages. On se croirait dans Beverly Hills : Regan, Nolan, Payton, Amber, Christy… Visiblement si tu as le malheur de t’appeler Carmen ou Rachel, tu dois aller au lycée public. Mais il y a quand-même des choses sympa : on donne enfin le rôle du parent puissant à la mère, il y a une (faible) représentation LGBT et un chouette traitement du handicap quotidien que sont les troubles de l’anxiété.

Les + :

Un personnage principal un peu challengé psychologiquement, ça fait plaisir.
Les – :
Ça reste un roman classique young adult, avec histoire d’amour évidente et dénouement où tout le monde se fait des câlins.

Promis, le prochain Cursivatorium sortira au début du mois d’Août, Je ne suis pas mécontente de ce troisième épisode malgré un rythme ralenti, et j’espère t’avoir donné envie de lire ou de relire ces livres ! Pour ma part, j’ai l’intention de mettre les bouchées doubles pour lire davantage ce mois-ci, après tout j’ai encore une belle pile d’ouvrages devant moi, et je retourne de ce pas me plonger dedans ! 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s