Cinéma, Grand & petit écran, La Chouette

250 Shades of Cinema #01

Je ne sais pas pour toi, mais en ce qui me concerne, j’ai longtemps eu une relation conflictuelle avec le cinéma.

Ce n’est pas que je n’aimais pas, mais alors qu’il m’était très facile de me plonger dans un livre de longues heures durant, je n’avais absolument pas les mêmes dispositions à l’égard d’un film. Lorsque j’étais petite, mon père n’a jamais saisi le concept d’impressionnabilité, et est donc à l’origine de nombreux traumatismes d’enfance (Mars Attack et Scream en tête de liste). Lors de mon adolescence, Lune, ma BFF, devait presque m’attacher à un fauteuil pour me contraindre à regarder l’un des derniers films qu’elle avait aimé, et je sais pertinemment que c’était stupide, parce que j’ai adoré ce que j’ai vu, mais je n’allais jamais, de moi-même, me poser pendant parfois plus de deux heures en face d’un film. Tu peux donc te douter que ma culture ciné était lacunaire, malgré quelques sursauts un peu improbables (j’étais amoureuse de De Niro après l’avoir vu dans Taxi Driver, et longtemps, Dupontel a été mon acteur/réalisateur favori).

Mais tout a changé depuis le jour où j’ai emménagé chez Mr. Chouette. Après avoir recraché son Fanta par le nez quand je lui ai avoué ne jamais avoir vu le moindre Miyazaki à 24 ans, il a entrepris de réparer ce tort en me les faisant tous découvrir et en m’obligeant d’ailleurs par la suite à regarder tous les films qu’il avait adorés, et qu’évidemment, je n’avais pas vu. C’est donc soufflée par tous ces films géniaux que j’ai décidé de m’atteler à la colossale tâche de voir les 250 meilleurs films de l’histoire du cinéma selon le célèbre site Internet Movie Database (IMDB pour les intimes). Ce site, véritable bible du cinéma, répertorie une liste en constante évolution des films les mieux notés, tout au long de laquelle se côtoient les légendes du cinéma en N&B (Citizen Kane), les films cultes des années 80 (Star Wars, Indiana Jones) et les petites pépites des années les plus récentes (Your Name, Coco).

Autant te dire que ça a été long : en fait je m’y suis attelée en 2016, en écartant de ma liste tous les films que j’avais déjà vus. Nous sommes en 2018, et il me reste encore une bonne centaine de titres, si ce n’est plus. Mais je me propose de te parler des films que j’ai vu récemment tirés de cette liste pour te donner envie de te pencher sur des classiques ou des bijoux du cinéma que tu n’as peut-être pas vu, toi non plus. Au fil de ces articles, il peut arriver que tu te tapes la tête sur la table devant l’étendue de mon inculture, alors autant te dire que cet article n’aura pas pour vocation de te faire découvrir les derniers trucs qui passent en salle, mais davantage de te parler d’histoires intéressantes, parfois cachées derrière des titres peu racoleurs.

Spotlight (205/250)

2015 – 2h08 – Drame
TW : Pédophilie, Attouchements

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En 2001, le Boston Globe change de rédacteur en chef suite à une légère baisse des chiffres de vente. Marty Baron, qui est de confession juive, propose de relancer le journal avec une affaire potentiellement énorme : plusieurs prêtres de Boston ont été accusés d’abus sexuels sur des enfants sans que la moindre poursuite ne soit engagée. L’équipe Spotlight, spécialisée dans le journalisme d’investigation, est alors chargée d’enquêter sur les prêtres afin de prouver leur culpabilité. Au fil des recherches, l’équipe découvre, médusée, non seulement que les allégations sont fondées, mais en plus que leur supérieur, le cardinal Law, ainsi que les plus hautes instances de l’Eglise, étaient parfaitement au courant et ont contribué à étouffer les nombreux cas de pédophilie au sein de l’institution religieuse.

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Spotlight est un film dramatique coécrit et réalisé par Tom McCarthy, fondé sur la véritable histoire de l’équipe Spotlight (en majorité chrétienne) et de l’enquête qui leur a permis de mettre à jour un réseau pédophile au sein de l’Eglise Catholique… et également de gagner le prix Pulitzer, en 2003. Reçu avec enthousiasme par les critiques, le film a été nominé pour de nombreuses récompenses, et gagné deux Oscars, dont celui du Meilleur Film, et du Meilleur Scénario Original, en 2016. Le casting s’est investi au delà de toute espérance : les acteurs, très justes, ont produit un grand travail de recherche auprès des anciens journalistes de la véritable enquête. Mark Ruffalo (Zodiac, Shutter Island), acteur que j’apprécie énormément, campe un Michael Rezendes prêt à tout pour obtenir la vérité, le gigantesque Michael Keaton (Beetlejuice, Birdman) est excellent dans le rôle d’un Walter Robinson mal à l’aise face à une enquête sérieuse qu’il avait négligemment balayé dans le passé. Voir Rachel McAdams (Lolita Malgré Moi, N’Oublie Jamais) m’a fait plaisir, et le rôle de Sacha Pfeiffer lui a valu sa première nomination aux Oscars.

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L E    S A C H I E Z – T U  ?

Quand le film est sorti, Mike Rezendes était le seul journaliste impliqué dans l’enquête qui travaillait encore chez Spotlight ♠ Le Boston Globe a été très serviable pendant le tournage, et a approuvé le design des costumes, des locaux, mais également le choix des acteurs et actrices, et le script ♠ Patrick McSorely, qui raconte les détails de son abus sexuel à Mike Rezendes, a témoigné contre le cardinal Law, et a aidé et soutenu d’autres victimes, y compris de nombreux amis d’enfance. Il a fini par mourir d’une overdose en 2004, à 29 ans ♠ Michael Keaton était inquiet vis à vis de son rôle parce qu’il avait peur de ne pas être capable de prendre l’accent de Boston ♠ Le rôle de Mike Rezendes était pressenti pour Matt Damon (nominé pour un Academy Award pour Seul Sur Mars), mais a échu à Mark Ruffalo (nominé pour la même récompense la même année) ♠ Une étude de prêtres suisses a été publiée en 2003, révélant que 50% du clergé à peine était légitimement « célibataire », les 50% restants se divisant entre les relations avec des femmes adultes (53%), avec des hommes adultes (21%), des mineurs (14%) et des mineures (12%) ♠ Le film commence en 1976 et se termine en 2002 ♠ Michael Keaton pensait prendre une pause après le tournage éprouvant de Birdman, mais le script l’impressionnait tellement qu’il a décidé de rempiler.

La Liste de Schindler (6/250)

1993 – 3h15 – Drame, Historique
TW : Meurtre, Viol, Génocide, Holocauste, Antisémitisme

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En 1943, à Cracovie, les soldats Allemands parquent les juifs dans un guetto. Oskar Schindler, industriel allemand membre du parti nazi, corrompt des officiers SS et de la Wehrmacht pour acquérir une usine de métal, afin de profiter de la situation pour s’enrichir. Pour l’aider dans la direction de son entreprise, il engage Itzhak Stern, comptable juif qui est un représentant local de sa communauté, y compris au marché noir. Tout en entretenant des relations amicales avec les autorités nazies, Schindler profite de sa fortune et de son statut pour employer une main d’oeuvre juive bon marché dans son usine. De son côté, Stern assure à Schindler qu’ils engagent le plus d’employés possibles dans le but d’augmenter la production pour l’effort de guerre allemand, alors qu’en réalité, il les sauve de la déportation. Le SS-Untersturmfürher Amon Goeth, récemment arrivé à Cracovie pour superviser la construction du camp de concentration de Płaszów, ordonne la liquidation du guetto. C’est à ce moment que Schindler, sur place au moment des faits, se rend réellement compte de l’horreur et de la folie nazie, représentée par une petite fille en manteau rouge perdue au milieu du massacre, l’un des rares éléments en couleur du film. La fillette, qui se cachait des nazis, sera plus tard identifiée reposant dans un charnier, grâce à son manteau. Dorénavant, la priorité de Schindler n’est plus le profit mais de sauver le plus de vies possible.

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La Liste de Schindler est un film dramatique et historique américain sorti en 1994 en France, réalisé par Steven Spielberg, et il fait partie de ces films que mon père a essayé de me montrer trop tôt pour que je le comprenne, et que je l’apprécie. Ayant la réputation de te faire pleurer à foison, autant te dire que le t-shirt de Mr.Chouette a pris cher quand je l’ai visionné, mais je ne regrette rien, parce que ce film est magnifique. Inspiré d’un roman de Thomas Keneally qui a écrit l’histoire après sa rencontre avec l’un des survivants, la Liste de Schindler raconte l’histoire vraie de cet industriel allemand qui a réussi à sauver un peu moins de 1200 juifs promis à la mort, tout en restant ambigu, car il a cependant profité de la situation pendant des années. Extrêmement bien classé dans les listes de personnalités influentes (y compris la liste officielle du Vatican) mais aussi d’institutions comme l’American Film Institute, ce film a reçu un excellent accueil, en salle et parmi les critiques, engrangeant 321.306.305$ au box-office mondial (soit un peu moins de 300.000.000$ de bénéfice). Du côté du casting, on retrouve Liam Neeson (Taken, SW : La Menace Fantôme) en Oskar Schindler nuancé, engagé malgré le souhait  d’obtenir le rôle d’acteurs bien plus célèbres comme Mel Gibson ou Kevin Costner, mais Spielberg avait peur que leur statut de star n’occulte le film. Neeson, qui ressentait le personnage de Schindler comme une de ces personnes qu’on sous-estime parce qu’il est comique, un peu bouffon, et qui utilise ça à ses fins, a apporté au personnage toute la nuance qui fait qu’il n’est pas un good guy mais qu’il tente de racheter ses fautes, clamant à la fin de tous les efforts qu’il a produits alors que rien ne l’y obligeait que « ce n’était pas assez ». Ben Kingsley (Gandhi, Shutter Island) campe Itzhak Stern avec efficacité, et Ralph Fiennes (The Grand Budapest Hotel, Le Patient Anglais), dont je suis une groupie, a donné vie à l’un des méchants les plus iconiques du cinéma dans le rôle du pervers Amon Goeth. Embeth Davidtz (Evil Dead 3, Matilda) joue Helen Hirsch, la servante juive d’Amon Goeth, qu’on le voit martyriser tout au long du film. Près de trente mille figurants ont été engagés pour le film, parmi lesquels de nombreux polonais, et les enfants des juifs sauvés par Schindler pour les rôles joués en hébreu. De nombreux acteurs allemands étaient mal à l’aise à l’idée de revêtir l’uniforme SS, mais ont remercié Spielberg pour leur avoir donné l’occasion de s’affranchir des secrets de famille dans une catharsis cinématographique.
Tu te douteras que ce film a littéralement défoncé les nominations pour les cérémonies de 1993-1994, gagnant non moins de sept BAFTA, trois Golden Globes et sept Oscars, dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure musique de film, dirigée par John Williams himself.

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L E    S A C H I E Z – T U  ?

Il s’agit du film en noir et blanc le plus cher jamais tourné, le record étant précédemment tenu par un autre film ayant pour thème la Seconde Guerre Mondiale et tourné trente ans plus tôt, Le Jour Le Plus Long ♠  Ralph Fiennes a pris près de treize kilos à force de boire de la Guinness en se préparant pour le rôle d’Amon Goeth. Spielberg a dit l’avoir choisi à cause de son « sadisme sexuel » ♠ Harrison Ford était le premier choix pour le rôle de Schindler, mais celui-ci a décliné, pensant que les gens ne seraient pas prêts à le laisser sortir de son interprétation d’Indiana Jones et rateraient l’intérêt du film ♠ Spielberg a choisi de faire passer Jurassic Park avant le tournage de ce film, mais c’était également spécifié dans son contrat, parce qu’il se serait senti trop drainé par la réalisation de l’un pour faire efficacement l’autre ♠ Spielberg avait obtenu la permission de tourner à l’intérieur d’Auschwitz, mais choisit de ne pas le faire, par respect pour les victimes décédées sur place ♠ Le film a été banni dans de nombreux pays à majorité musulmane, comme la Malaisie, l’Indonésie ou l’Egypte, sous prétexte que le film était « injuste » envers les Allemands, et trop compatissant avec les Juifs ♠ La scène finale au cimetière n’était pas prévue dans le script, mais est apparue à Spielberg pendant le milieu du tournage. Localiser les survivants et organiser la réunion sur des délais très courts fut un véritable challenge ♠ Quand la survivante Mila Pfefferberg fut présentée à Ralph Fiennes sur le tournage, elle se mit à trembler de manière incontrôlée, car il lui rappelait beaucoup trop le véritable Amon Goeth ♠ Spielberg a refusé tout salaire ou royalty récolté grâce à ce film, les considérant comme « l’argent du sang » : il les a reversés à la place à la Shoah Fondation, qui enregistre et préserve les témoignages écrits et vidéo de survivants de génocides à travers le monde.

12 Hommes en Colère (5/250)

1957 – 2h11 – Drame Judiciaire

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Lors d’un procès, un jury de douze hommes doit statuer sur le sort d’un jeune garçon accusé de parricide : l’unanimité seule décidera de sa culpabilité, punie ici par la chaise électrique. Après une présentation de la situation qui semble assez accablante, les jurés votent, persuadés de la culpabilité de l’accusé… à l’exception du juré n°8. Celui-ci n’est pas aussi certain que les autres du verdict, et fait part de ses doutes, les exposant les uns après les autres : le couteau du crime, par exemple, décrit par les enquêteurs comme une pièce unique, est en réalité un couteau à cran d’arrêt qu’on peut trouver dans une boutique pour six dollars. Après quelques minutes de discussion, le juré n°8 propose un nouveau vote à bulletin secret dont il s’abstiendra : si l’unanimité est toujours à l’ordre du jour, il se rangera à l’avis de tous et votera, lui aussi, coupable. Une fois le résultat compté, un autre juré a changé d’avis…
La grande force du film repose sur la construction des personnages, lesquels sont tous très différents, tant dans leurs opinions que leurs origines : entraîneur de football, courtier en assurance, architecte ou encore ouvrier, chaque personnage pourrait à lui seul justifier un court-métrage pour en connaître plus sur son parcours et ses motivations. On est loin ici des personnages secondaires fades et amenés uniquement pour servir de faire-valoir.

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12 Hommes en Colère est un drame judiciaire en huis-clos réalisé par Sydney Lumet (Le Crime de l’Orient-Express, The Wiz), et un véritable coup de maître en ce qui concerne la mise en scène d’une partie pourtant peu intéressante d’un procès. Ce film, chef d’oeuvre de rhétorique à déconseiller si tu cherches de l’action, est servi avec crédibilité par une brochette d’acteurs à la tête desquels l’illustre Henry Fonda (Le Jour le Plus Long, Il était une Fois dans l’Ouest) dans le rôle du juré n°8 par lequel tout a commencé, mais aussi Martin Balsam (Psychose, Le Crime de l’Orient-Express) dans le rôle du juré n°1 qui arbitre le débat, ou le fantastique Lee J. Cobb (Mort d’un Commis Voyageur, l’Exorciste) dans son rôle de juré n°3 buté et certain de son choix.
Le film, bien qu’ayant échoué en salles, a depuis remporté un succès colossal et gagné de nombreuses récompenses parmi lesquelles le British Academy Film Award du meilleur acteur étranger pour Henry Fonda, et a été nominé aux Oscars pour le Meilleur Film, le Meilleur Réalisateur et le Meilleur Scénario Adapté, mais a perdu les trois catégories face à Le Pont de la Rivière Kwaï. Bien que 12 Hommes en Colère n’ait pas été couronné par la sacro-sainte récompense, il a été adapté de nombreuses fois au théâtre (en 1971, en 1997 et en 2010 dans les théâtres tricolores) et également à la télévision, avec le téléfilm Douze Hommes en Colère de William Friedkin sorti en 1994, où le juge et quatre jurés sont afro-américains. Désormais considéré comme un film culte, on y fait référence de nombreuses fois : les séries Happy Days, Malcolm, Veronica Mars, Ma Famille d’abord, mais également Charmed et même le dessin animé Hé Arnold! ont adapté un épisode sur le format de 12 Hommes en Colère. Plus récemment, on pourra citer l’épisode « Le Garçon qui en savait trop » de la série Les Simpson, où Homer, désigné comme juré, est le seul à voter non coupable, ou encore l’épisode « 12 and a Half Angry Men » des Griffins, où le maire de Quahog est accusé de meurtre et Brian le chien montre des doutes quant à sa culpabilité. J’avais d’ailleurs vu cet épisode avant de voir le film.
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L E    S A C H I E Z – T U  ?

Sidney Lumet faisait répéter ses acteurs dans la même pièce pendant des heures sans les filmer, pour les préparer à jouer le mieux possible ce qu’on ressent en étant enfermé avec les mêmes personnes ♠ Jusqu’à la fin du film, aucun juré n’a de nom, à l’exception des deux premiers jurés convaincus de l’innocence de l’accusé, Mr. Davis (N°8) et Mr. McCardle (N°9) ♠ Malgré le fait qu’Henry Fonda n’ai jamais reçu son salaire à cause de l’échec commercial du film, il considérait qu’il s’agissait d’un de ses trois meilleurs films ♠ Une théorie voudrait que le juré n°8 soit le véritable tueur, qui reste un homme de principes et ne souhaite pas qu’un innocent paie pour son crime ♠ Ce film est régulièrement utilisé par les écoles de commerce pour illustrer la dynamique de groupe et les techniques de résolution des conflits ♠ Le film a été tourné en un total de 365 prises ♠ Henry Fonda, dont ce fut la seule expérience de producteur, a choisi Sidney Lumet pour réaliser le film parce qu’il avait la réputation de tenir ses délais et son budget ♠ Il s’agit du film le plus court du top 10 des films d’IMDB.

Impitoyable (120/250)

1992 – 2h11 – Western
TW : Violence

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En 1880 dans la petite ville de Big Whiskey, Wyoming, une tragédie frappe le bordel local : Delilah, une prostituée, est violemment défigurée au couteau par un client après avoir ri de la taille de son pénis. Appelé sur place, le shérif de la ville, « Little Bill » Daggett (un tueur repenti qui s’est donné pour devoir de protéger la ville), ne punit pas les coupables contrairement aux injonctions des autres prostituées, réclamant la mort ou la castration, mais ne leur donne qu’une amende : sept chevaux seront reversés au proxénète en paiement pour sa marchandise abîmée. Les prostituées de la maison close, révoltée, réunissent une coquette récompense promise à qui tuera le coupable et son ami, présent sur les lieux. À des kilomètres de là, dans une petite ferme, Will Munny (clin d’œil à Billy The Kid, dont c’était le surnom) élève seul ses deux enfants depuis la mort de sa femme. Emportée par la variole deux ans plus tôt, elle avait sauvé son mari de l’alcool et d’une dangereuse vie de tueries. Quand le Kid de Schofield, un apprenti tueur inexpérimenté et mauvais tireur, vient lui proposer de s’associer pour empocher la récompense, Munny refuse donc naturellement. Mais la vie se passe difficilement à la ferme, et quand les porcs sensés les nourrir meurent les uns après les autres, l’ancien tueur reprend ses armes et file convaincre son ami et ancien comparse Ned Logan de se joindre à l’aventure.

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Impitoyable est un western américain réalisé par Clint Eastwood. Autant te dire que le western n’est pas vraiment mon genre favori, et j’ai une opinion mitigée sur Eastwood (capable de prendre position contre la guerre au Viet-Nâm avant d’appeler à voter Bush, et d’interdire à sa compagne d’annoncer une grossesse pour ne pas lui voler « la gloire de l’Oscar »), mais je reconnais à l’homme une grande carrière cinématographique, et un talent impressionnant, tant comme acteur que comme réalisateur. Je ne m’attendais donc pas à être déçue, et ça n’a pas loupé. En même temps avec un budget de 14.400.000$, les chances étaient minces. À l’affiche, ce film ne se fout pas de ta gueule. Tu trouveras (évidemment) Clint Eastwood dans le rôle titre de Will Munny, mais aussi les deux autres Oscar-winners Gene Hackman et Morgan Freeman, dans les rôles respectifs de l’antagoniste Little Bill et de l’acolyte Ned Logan, sans oublier Sir Richard Harris (le premier (et meilleur) Dumbledore) dans le délicieux rôle d’English Bob. Du côté féminin, le seul visage connu est celui de Frances Fisher (que tu te rappelles peut-être comme la mère de Rose dans Titanic), compagne de l’époque d’Eastwood dont elle était enceinte au moment du tournage, et qui joue Alice, meneuse des prostituées. Ce film a été un carton, rapportant 159 157 000$ au box-office mondial, et a reçu un accueil critique très favorable : très bien classé sur les listes influentes des meilleurs films, score plus qu’honorable sur les sites spécialisés… C’est donc sans étonnement qu’Impitoyable rafle pas moins de quatre Oscars lors de la cérémonie de 1993 (Meilleur film, meilleur réalisateur pour Eastwood, meilleur second rôle masculin pour Hackman, et meilleur montage pour Joel Cox), ainsi que deux Golden Globes pour ne citer que ceux-là.

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L E    S A C H I E Z – T U  ?

Le script du film existait depuis le début des années 70, et Gene Hackman a refusé le rôle-titre, jusqu’à ce qu’Eastwood le récupère et lui propose le rôle de l’antagoniste ♠ Le thème du film a été écrit par Eastwood lui-même, bien qu’arrangé par Lennie Niehause ♠ Avant ce film, Clint Eastwood pensait ne jamais recevoir un Oscar ♠ Il s’agit du troisième western seulement qui ait gagné l’Oscar du Meilleur Film, avec Danse avec les Loups et La Ruée vers l’Ouest ♠ Les bottes que Eastwood porte dans ce film sont les mêmes que dans la série qui l’a rendu célèbre, Rawhide. Elles font maintenant partie d’une collection privée ♠ Gene Hackman était très inquiet vis à vis de la manière dont on montrerait la violence dans le film, suite à l’augmentation des crimes à l’arme à feu dans les villes américaines ♠ Il s’agit du dernier western de Clint Eastwood à ce jour, et il disait à l’époque que ce serait également son dernier film, devant et derrière la caméra ♠ En tenant compte de l’inflation, la récompense offerte par les prostituées serait aujourd’hui d’environ trente mille dollars ♠ Morgan Freeman a entendu parler du rôle grâce à Kevin Costner, avec qui il tournait Robin des Bois : Prince des Voleurs.

 J’espère que tu as été intéressé·e par l’un de ces quatre films, et je caresse le secret espoir que tu ne les avais pas tous vus (on peut rêver, merci). À défaut de t’avoir initié à des films que tu n’avais pas vu, j’espère t’avoir appris au moins une ou deux anecdotes dessus, juste de quoi crâner un peu lors de ta prochaine discussion cinéma autour d’une bière ! Si ce format te plaît, j’envisage de le reconduire régulièrement, alors n’hésite pas à me donner ton avis, des retours sont toujours très appréciés ! 
LaChouette

6 réflexions au sujet de “250 Shades of Cinema #01”

  1. Spotlight était génial, pas un chef d’oeuvre au point de me prendre une claque non plus mais … Woh, quand même. J’ai beaucoup l’espère de parti~pris minimaliste au niveau de l’ambiance, de l’esthétique et même des répliques : on va à l’essentiel, tout de suite, sans fioritures ni détails scabreux. C’est à la fois beau et puissant… Tout en prenant son temps. J’aimerais bien voir Rachel McAdams plus souvent dans des films comme ça 🙂

    Pour ce qui est de 12 Angry Men, là… On touche du doigt un des films qui m’a mise une grosse claque. Moi aussi, c’est mon copain qui m’a dit que je devais le regarder et, au hasard d’une diffusion sur Arte (le destin), j’ai zappé dessus et je suis restée scotchée devant jusqu’à la fin. Là aussi, on est dans du « minimalisme » cinématographique : l’essentiel est là, il n’y a plus qu’à regarder… Et apprécier.

    Et du coup, contrairement au premier commentaire, il me reste à voir les westerns de Clint Eastwood et La Liste de Schindler ^^ !

    Aimé par 1 personne

    1. Mais oui, ça fait plaisir de voir McAdams dans un rôle sérieux !
      Pour le coup, mon copain n’a pas vu 12 Angry Men, il a du mal avec les films en n&b, et à force de lui en parler, il a fini par craquer krkrkrkr
      J’avoue que j’ai toujours été un peu réticente au n&b jusque là, je me suis un peu forcée à m’installer devant ce film, et je regrette tellement pas, c’était vraiment une claque.
      Ouh, tu me diras ce que tu en as pensé, même si La Liste de Schindler est bien meilleur qu’Impitoyable, et bien plus émouvant !

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  2. Bon bha voilà. Tu considérais que j’avais une plus grosse culture cinématographique que toi, mais ce n’est officiellement plus le cas maintenant ! Tu as vu tellement de films ces dernières années, voilà que tu t’attaques aux classiques des classiques.
    Je tire ma révérence… (et je note que je dois voir les 4 films précités !)

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