Cursivatorium, La Chouette, Livres

Cursivatorium #02

Ma prédiction s’est avérée vraie : ma productivité livresque n’a pas vraiment connu son heure de gloire ce mois-ci.

Il faut dire que ce fut un mois un peu chargé pour moi, le genre qui comporte une deadline importante à ne pas foirer, reléguant toutes mes activités secondaires comme… eh bien, vivre, au second plan. Je n’ai donc pu lire qu’une fois dans mon lit, pendant les vingt minutes qu’une massive ingestion de café m’autorisait à rester éveillée avant de tomber dans un coma réparateur jusqu’au lendemain matin. Pour autant, je ne peux pas non plus dire que j’ai chômé, en intégrant cinq nouvelles lectures à ma liste.

Les Royaumes du Nord – Philip Pullman (1998)
N°28 – Un Livre à l’Atmosphère Froide

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Dans un monde qui n’est pas exactement le nôtre, une partie de l’âme humaine s’incarne sous la forme physique d’un animal et est appelée « daemon ». Lyra et son daemon Pantalaimon ont grandi dans un College d’Oxford, passant sans transition des salles ouvragées remplies d’hommes de science et de connaissances aux carrières d’argile où elle se bagarre avec les enfants du coin et les gitans de passage. Cependant, ses deux mondes s’écroulent quand elle surprend une tentative d’empoisonnement sur la personne de son oncle, alors en visite chez les Erudits qui l’élèvent, et que son meilleur ami, Roger, est enlevé dans les rues par de mystérieuses personnes appelées « Enfourneurs » par les enfants du coin. Déterminée à sauver son ami, c’est pour Lyra le début d’un long voyage qui lui permettra de comprendre bien des choses sur le monde qui l’entoure, mais également sur ses propres origines.

Ok, j’avais déjà lu ce livre. En fait, cette trilogie fait partie de mon top 3 des lectures de mon enfance qui ont fait de moi la lectrice que je suis (avec Harry Potter, évidemment, et les Peggy Sue). Mais je ne l’ai pas relu depuis une bonne décennie (si ce n’est plus), et je me suis dit que le recul me permettrait de mieux comprendre certaines choses qui m’étaient un peu passées au dessus. Ce livre aborde quelques concepts scientifiques et religieux que je n’avais pas bien compris enfant (non parce que les particules élémentaires, moi j’avais pensé que c’était des paillettes), et la relecture de ce livre m’a conforté dans l’idée que bien qu’à destination d’un jeune public, ce livre peut se relire quel que soit ton âge. Le personnage de Lyra a beau être un peu « lisse » dans le sens où, comme beaucoup d’héroïnes jeunesse, tout le monde la trouve super (le « syndrome de Bella » ), elle fait preuve de courage et d’un entêtement qui l’empêchent d’être insipide, et on lui pardonne facilement des comportements un peu puérils parce que… eh bien c’est une petite fille. Il est possible que ce soit la nostalgie de mon enfance qui teinte mon ressenti sur ce livre, mais les thèmes qu’il aborde (la légitimité du pouvoir, le sacrifice, les expériences douteuses, la mort…) me laissent à penser que tu y trouveras ton compte.

Les + : 
L’héroïne a du caractère, ça fait du bien.
Le style est fluide et adapté aux enfants comme aux adultes.
Les – :
J’ai toujours eu du mal avec le nom de « daemon ». Dans un monde régi par la religion, pourquoi appeler une extension de son âme un « démon »?

La Ferme des Animaux – Georges Orwell (1945)
N°50 – Un Livre avec des Personnages Non-Humains

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Les animaux de la Ferme ont fini par se rebeller et chasser de la propriété le fermier qui les exploitait, Mr. Jones. À l’aube d’une nouvelle ère, le vieux cochon Sage l’Ancien propose de mettre en place un groupe de sept commandements garantissant aux animaux une vie autonome, faite d’entraide et de paix pour chacun : l’ennemi est clairement désigné comme étant l’Homme, et les animaux se rassemblent, pleins de bonne volonté, pour faire face à la menace d’une mainmise humaine sur ce qui est dorénavant leur ferme. Mais le temps passe et les cochons sont très rapidement amenés à changer les règles du jeu, asservissant les autres animaux au fur et à mesure de leur prise sur le pouvoir : propagande, discours à la gloire de leur leader, utilisation d’une milice privée, instauration de privilèges…

Je me rappelle avoir découvert ce livre en classe de 3ème : ma prof de français avait trouvé judicieux de croiser notre programme d’Histoire Géo (allant de la Seconde Guerre Mondiale à la Guerre Froide) avec ce livre, qui est un apologue de l’histoire Soviétique. Ici, chaque animal peut être aisément remplacé par un grand nom de l’Histoire : les cochons Sage l’Ancien, Napoléon et Boule de Neige seraient respectivement Lénine, Staline et Trotsky. Quant à Mr. Jones, il est sensé représenter le tsar Nicolas II, chassé du pouvoir par le peuple lors des révolutions de 1917 alors que Mr Frederick, avec son nom à connotation germanique, est sensé représenter Hitler. Loin de condamner l’idée de base du communisme, Orwell voulait surtout que la morale à retenir soit qu’une rébellion menée dans la violence et le sang ne pouvait aboutir qu’à un changement de maître. À lire absolument.

Les + :
Le style est très fluide, ça se lit tout seul. On pourrait presque confondre ça avec une fable pour enfants.
Le message, toujours d’actualité.

La Tour des Anges –  Philip Pullman (2000)

N°11 – Un Livre qui se déroule dans le Passé

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Will est un jeune homme tourmenté. Il a passé la plupart de sa vie à lutter pour que personne ne remarque que  sa mère, seul parent qui lui reste, n’a plus toute sa tête, et à fuir de mystérieux inconnus qui sont à la recherche des dernières lettres que son père lui a écrites. Alors quand il tue accidentellement l’un de ces hommes pendant une tentative de cambriolage dans sa maison, sa seule issue est la fuite. Après avoir confié sa mère à une personne de confiance, Will cherche un endroit où se cacher… et tombe par hasard sur ce qui semble être une déchirure entre les dimensions, qui l’emmène dans une ville étrange, Cittàgazze, où ne peuvent vivre que les enfants. Dans cette ville hantée par des Spectres que seuls les adultes peuvent voir, Will fait la rencontre d’une étrange fille appelée Lyra…

Après avoir lu Les Royaumes du Nord, j’avais très envie de me replonger dans la trilogie complète, et quelle bonne idée. Tout simplement parce que La Tour des Anges est bien meilleur que son tome précédent. Bien mieux construit, le scénario de cette histoire permet d’introduire un nouveau personnage tout en rejoignant l’intrigue du premier tome, et en accomplissant le tour de force de lui donner plus de volume. Ici, on parle mondes parallèles, guerre multi-dimensionnelle, destinée et religion, avec comme héros une jeune fille qui lit l’avenir et un jeune homme qui peut ouvrir des ponts entre les dimensions. L’histoire est fluide malgré des thématiques un peu complexes pour un jeune public, et je ne saurais trop te recommander de lire cette saga au complet, rien que pour avoir la joie de dévorer ce tome.

Les + :

Le duo Will & Lyra fonctionne tellement bien
On ne peut pas lâcher ce livre sans l’avoir fini

Dans la Forêt d’Hokkaido – Eric Pessan (2017)
N°33 – Un Livre dont l’action se situe en Asie

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Julie, la narratrice de cette histoire, a toujours eu une sorte de don : elle sait où sont les choses perdues. Elle sait systématiquement où a glissé la boucle d’oreille de sa mère, où sont les clés de son père… Une nuit, dans un rêve extrêmement réaliste, elle se retrouve dans la peau d’un petit garçon, qui est abandonné sur le bord de la route par ses parents, et qui s’enfonce alors dans la forêt. Après s’être réveillée, elle a la désagréable impression qu’il ne s’agit pas d’un cauchemar comme les autres, mais qu’elle est effectivement reliée à un petit garçon perdu, à des milliers de kilomètres de là.

Ce roman s’appuie librement sur une histoire vraie qui a secoué tout le Japon, dans laquelle un couple a laissé son fils sur le bord de la route après qu’il ait été particulièrement insupportable, pour lui faire peur. J’ai dévoré le livre qui, du reste, n’est pas très épais et dans lequel Julie, qu’on retrouve dans deux autres livres de l’auteur, se révèle être une collégienne à des kilomètres du cliché de l’adolescente énervante. La plume est agréable, on se sent réellement dans la forêt avec les deux protagonistes, et la dégradation de la situation vécue est presque physiquement douloureuse pour le lecteur. Je l’ai choisi totalement au hasard parce que je désirais lire quelque chose de récent et je ne regrette pas mon choix. J’envisage d’ailleurs de mettre la main sur le reste des écrits de ce monsieur, pour voir si le charme fonctionne toujours.

Les + :
Ça se lit tout seul.
C’est une utilisation originale du fantastique.
Les – :
L’épaisseur du livre fait davantage penser à une nouvelle qu’un roman.

#Famous – Jilly Gagnon (2017)
N°44 – Un Livre dont le titre est dans une langue étrangère

coverRachel est une ado loin d’être populaire dans son lycée, et ses seules passions sont le théâtre… et Kyle Bonham. Le jeune homme est pour elle l’archétype de la perfection inatteignable, et elle garde donc sa flamme secrète. Aussi, quand elle tombe sur Kyle en train de bosser au fast-food, elle ne peut pas résister à l’envie de prendre une photo pour l’envoyer à sa meilleure amie via Twitter, où elles communiquent, noyées parmi les milliers d’autres tweets anonymes. Pourtant, la photo sera loin de passer inaperçue, et changera drastiquement la vie de Rachel, mais aussi celle de Kyle.

J’ai beaucoup de mal avec la romance de manière générale. Le schéma est classique et répété : A tombe amoureuse de B, qui est déjà in love de A, mais A pense que B la déteste alors au lieu d’être claire, elle sur-interprète tout et ça donne lieu à une happy end, avec un rapide passage par la case « B a été vu·e en train de flirter avec C mais ce n’était qu’un malentendu ». Et malheureusement, #Famous n’échappe pas à la règle. La seule chose qui m’a plu, et qui m’avait donné envie de lire le livre à la base, c’était la thématique du harcèlement en ligne. Suite à la publication de la photo, Rachel fait le buzz : on a donc une idée de ce à quoi ressemble le quotidien d’une personne lambda face au harcèlement 2.0, qui comporte la particularité d’être effectué non plus par des élèves d’une classe ou d’un établissement, mais carrément du monde entier. Là où Kyle est porté aux nues (compliments sur son physique, demandes en mariage, etc), Rachel ne récolte que les insultes (blagues sur sa santé mentale, recherche de vieilles photos dossier, insultes sur son physique, etc), et cette idée de la célébrité à deux vitesses me plaisait beaucoup, dans le sens où il y a beaucoup de choses à en dire. C’est le livre que je pensais lire quand je l’ai choisi, et j’avoue que je regrette beaucoup que cet aspect ait été traité si légèrement, très rapidement éclipsé par une énième romance fade.

Les + : 
Même s’ils sont traités un peu trop superficiellement, on a une tentative sympa de montrer comment peuvent se vivre un buzz et le harcèlement en ligne.
Les – :
Les personnages sont vus et revus, et tout est axé autour d’une histoire d’amour qu’on voit arriver dès les premières pages.
Encore ce cliché super-lourd sur l’adolescence et le fait que les parents sont trop des paumés super chiants qui comprennent rien.

Je ne suis pas mécontente de ce second Cursivatorium malgré un rythme ralenti, et j’espère t’avoir donné envie de lire ou de relire ces livres ! Pour ma part, j’ai l’intention de mettre les bouchées doubles pour lire davantage ce mois-ci, après tout j’ai encore une belle pile d’ouvrages devant moi, et je retourne de ce pas me plonger dedans ! 

LaChouette

1 réflexion au sujet de “Cursivatorium #02”

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