Cursivatorium, La Chouette, Livres

Cursivatorium #01

Tu l’auras compris si tu viens souvent, chez la Chatte et la Chouette, on aime la lecture, et on aime aussi écrire sur ce qu’on a lu.

Le souci, c’est que mon rythme de lecture est un peu trop soutenu pour trouver en plus le temps de chroniquer chacun de ses titres de manière individuelle. D’ailleurs, tous les livres ne méritent pas forcément un article long, ni même un article tout court. J’inaugure donc dès aujourd’hui le Cursivatorium, un article mensuel qui te résumera mes lectures du moment, bonnes ou mauvaises.

Et ce mois-ci, il faut avouer que je démarre sur les chapeaux de roue, avec sept livres au compteur. Je suis satisfaite, d’autant que trois d’entre eux en particulier étaient épais, mais je sais que tous les mois ne seront pas aussi prolifiques.

Les Tommyknockers – Stephen King (1987)
N°21 – Un Livre de 500 pages ou plus

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Bobbi est une écrivaine qui préfère vivre son succès en restant terrée au fond de Haven, petit village de campagne. Un jour, en arpentant le bois de sa propriété, celle-ci tombe au sens propre sur un petit bout de métal, qui s’avère exercer sur elle une étrange attraction. Quand son ami et amant occasionnel Jim Gardener, poussé par une étrange impulsion, remet à plus tard sa tentative de suicide et arrive jusque chez elle, c’est pour découvrir une Bobbi amaigrie complètement délirante, qui a déterré une petite partie de ce qui ressemble de plus en plus à un vaisseau extra-terrestre… lequel a déjà commencé à exercer son influence sur les membres du village.

J’ai mis beaucoup de temps à venir à bout de ce roman. Je n’ai rien contre les romans longs, au contraire. Seulement, pour Les Tommyknockers, la sauce a mis beaucoup de temps à prendre. Il faut quand même passer 75% du livre pour déterrer le vaisseau : ça finit par devenir lassant, même si en parallèle ça donne une idée de la taille du bousin, et aussi de la difficulté ressentie par les personnages lors de l’excavation. Ensuite on voit plein de petites choses sympa, et qu’on sent avoir été utiles pour écrire d’autres livres (certains trucs hurlent l’inspiration pour son dyptique Dôme…), et ça fait que les Tommyknockers mérite d’être lu, il faut juste aimer les récits d’excavation à n’en plus finir, et ne pas avoir trop de mal avec les romans garnis à ras-bord de personnages secondaires plus ou moins insignifiants. Car c’est un reproche qui a beaucoup été fait vis à vis de ce livre : beaucoup de pages concernent des personnages secondaires qu’on voit mourir à la queue leu-leu. Personnellement, ça fait partie de ce que je préfère chez King, cette capacité à dresser en trois phrases le portrait de personnes fictives mais qui ont néanmoins un accent de réel.
Les + : 
L’écriture des personnages reste un régal.
Les scènes de l’entrée dans le vaisseau et de la découverte du contenu du hangar.
Les – : 
L’immersion est difficile…
La structure du roman est un peu bancale.

Bilbo le Hobbit – J.R.R Tolkien (1937)
N°13 – Un Livre dont le titre commence par B

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Bilbo, comme tous les autres Hobbits, aime la bonne chère, fumer la pipe et surtout, rester tranquillement installé dans la Comté. Ainsi, quand Gandalf le magicien et une colonie de nains élisent domicile chez lui pour organiser le cambriolage d’un trésor ancestral gardé par un dragon, celui-ci n’est pas franchement enchanté. Pourtant c’est là le début d’une aventure épique mêlant héritage, Wargs, trolls, gobelins, elfes et autres araignées géantes, pour un voyage qui le verra à jamais changé.

Je me rappelais vaguement avoir « lu » Bilbo le Hobbit quand j’avais sept ou huit ans, et visiblement la moitié de l’histoire m’était sortie de la tête, ou je n’avais eu dans les mains qu’une version tronquée. J’ai beaucoup aimé, c’est le genre de livre qui est adressé à un jeune public (après tout, il l’avait écrit pour distraire ses enfants), mais qu’il est possible de lire à tout âge sans en altérer l’intérêt. Les personnages sont attachants d’imperfection (Bilbo est courageux mais de très mauvaise volonté, les nains sont gentils mais se cachent derrière lui et sont les premiers à oublier qui les a sortis du pétrin plusieurs fois, etc), et le style volontairement plus enfantin est une excellente introduction quand on a envie de se mettre aux Tolkien.
Les + :
C’est un classique de la littérature du XX° siècle.
L’univers original de Tolkien.

Les – :
Les araignées. Tellement d’araignées.

Colère, cette émotion mal-aimée –  Carolle et Serge Vidal-Graf (2002)
N°14 – Un Livre de Développement Personnel

71jcaIfGMiLLa colère fait partie des émotions que tout être humain ressent, mais s’il est communément accepté de faire part de sa joie ou sa tristesse, on ne laisse pas le loisir aux gens d’exprimer leur colère, qu’il faut « contrôler », ou « calmer ». Or la colère est une émotion tout aussi saine que les autres, si on sait l’exprimer sans la violence qui y est souvent associée.

Comme ce n’est vraiment pas mon truc, je cherchais désespérément un ouvrage de développement personnel qui soit en prêt dans ma médiathèque et qui ne parle pas de communication de couple, et je suis tombée là-dessus. Vu que j’emmagasinais un trop-plein de colère ces derniers mois, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de pouvoir l’exprimer sainement, et surtout, d’apprendre à l’évacuer. Soyons honnête, le premier chapitre est intéressant, puisqu’il projette une autre lumière sur l’émotion qui est la moins tolérée dans le spectre des émotions humaines. Je ne vais cependant pas dire que j’attendais beaucoup de ce livre, parce que je reste sceptique vis à vis de l’utilité concrète des ouvrages de développement personnel, mais je m’attendais quand même pas à ce que ce soit si creux. Le fait que le monde de la colère n’ait l’air d’appartenir qu’à deux archétypes poussés à l’extrême (la personne qui refoule systématiquement tout et celle qui hurle et insulte à la moindre tension) rend l’identification impossible si, comme moi, tu es en colère de manière ponctuelle et que tu sais juste mal la laisser sortir. Pour t’épargner 112 pages de redondance, je te résume les deux seuls conseils du livre : sortir faire un tour (en ayant prévenu, et sans claquer la porte) quand on sent la colère monter, et le principe de base de la Discussion Non Violente. Qui a été résumée à l’extrême, avec le judicieux conseil de ‘lire le livre pour plus de détails’. Ok, merci, si j’avais su, c’est celui-ci que j’aurais emprunté.

Les + :
Les petits fous rires face aux réactions standard de l’archétype du colérique.
Les – :
Où est le contenu utile?

Journal d’un Vampire t.01 – L.J Smith (1991)
N°27 – Un Livre avec des Vampires

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Elena est la reine du lycée : elle est belle, elle est jeune, tout le monde l’aime, et elle le sait. Lorsqu’un nouvel élève, le beau et mystérieux Stefan, capte son attention, elle veut à tout prix en faire son nouvel amoureux. Mais celui-ci ne répond pas à ses avances. Pire encore, il ne semble pas la calculer du tout. Cependant quand les incidents étranges s’accumulent, tout porte la ville à croire que le nouveau lycéen y est peut-être pour quelque chose. Mais la vérité est plus incroyable qu’Elena ne pouvait l’imaginer.

Cette saga de livres a donné naissance à la série Vampire Diaries, que j’avais regardée pendant deux saisons avec un sentiment de culpabilité, parce que ce n’était pas brillant. Maintenant que j’ai lu le livre, je tiens à rétablir la vérité. La série est un CHEF-D’ŒUVRE comparée à son support originel. C’est abyssalement nul. Elena est une sombre petite conne qui traite ses copines comme des pions interchangeables, et qui veut sortir avec le nouveau comme s’il s’agissait d’un nouveau sac à main. Elle est tarte, impossible de s’attacher à elle, ni à qui que ce soit d’ailleurs. Stefan est un modèle d’ennui, d’autant qu’on te fait bien comprendre qu’il est pas normal grâce à un choix très subtil d’adjectifs. Il est irréellement beau, sa silhouette se découpe avec une grâce surhumaine, bref wow grosse révélation, je n’en crois pas mes yeux, le choc est total. C’est difficile de rester « dans » un bouquin pareil, tout a l’air fait pour t’éjecter en hurlant : Elena qui claque la moitié de l’héritage de ses parents dans une robe pour Halloween, quand Stefan dit « Oui, j’ai osé prier, moi… une créature maléfique! » comme s’il était un adolescent fan de Black Veil Bride, ou quand Bonnie vient de trouver le cadavre d’un prof, et qu’Elena fait la tête parce que sa pote est trop traumatisée pour l’aider. J’aurais dû m’écouter et relire un livre d’Anne Rice pour valider cette catégorie.

Les + :
Ça fait relativiser tout ce qu’on considérait comme mauvais jusque là.
Les – :
Les personnages. Tous.

La Communauté de l’Anneau – J.R.R. Tolkien (1954)
N°16 – Un Livre à propos d’un Voyage

8114LhoRnALQui aurait pu penser qu’en ramenant l’anneau dans la Comté, Bilbo allait ainsi précipiter son neveu, Frodo, au coeur d’aventures plus dangereuses encore que celles de son illustre aïeul? Car cette fois-ci, c’est le destin de la Terre du Milieu tout entière qui tient entre les mains d’un Hobbit. Le voyage ne fait que commencer, jusqu’aux sombres portes du royaume de Mordor, où réside le terrifiant Sauron…

J’avoue, je n’avais jamais lu Le Seigneur des Anneaux. La faute, probablement, au fait que j’ai essayé Tolkien en commençant par le Silmarillion, qui n’est pas vraiment connu comme une oeuvre accessible quand on a treize ans. Alors je ne cache pas que je me sens soulagée d’avoir terminé La Communauté de l’Anneau, parce que c’est quand même un gros morceau (700 pages dans la version poche que j’ai empruntée, j’avais pas le cœur de le lire à même mon édition intégrale). J’ai mis un peu moins de deux semaines à en venir à bout, à raison de 10% de l’ouvrage par jour, et c’est là que je vois la différence entre un long roman bien maîtrisé et un long roman qui s’est un peu perdu en chemin : j’ai mis trois mois à finir les Tommyknockers, et il fait cent pages DE MOINS que la Communauté de l’Anneau.
Sinon, le style est excellent, Tolkien a vraiment un don pour t’embarquer dans son univers, qui du reste est admirablement construit et pensé. J’ai un peu de mal avec le fait que les personnages se mettent à chanter toutes les quatre pages comme s’ils étaient dans un Disney, ça a tendance à me sortir un peu de l’ouvrage, d’autant que parfois on doute du bien-fondé de l’idée. Comme cette fois où ils se baladent dans la Moria, dont on ne cesse de te dire que c’est dangereux et sombre et maléfique, mais ça empêche pas Gandalf d’entamer un petit chant traditionnel d’une vingtaine de couplets. Ah bah ok pardon je pensais qu’il fallait la boucler dans un endroit qui résonne à mort et qui abrite des colonies d’orques et un tout petit Balrog.
Je ne me suis pas ennuyée une minute, mais je vais faire une petite pause de quelques mois avant de coller mon nez dans le tome suivant, et entre temps, lire quelques aventures de Oui-Oui pour me remettre de tout ce talent littéraire.
Les + : 
Le style de Tolkien, à la fois poétique et factuel.
Les Nains, enfin traités comme des créatures nobles (take that, Peter Jackson…)
Les – : 
Les chansons tous les 20 mètres, pas étonnant que le voyage soit si long.

Un Visage dans la Foule – S. King et Stewart O’Nan (2012)
N°18 – Un Livre écrit par Plusieurs Auteurs

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Dean Evers est un vieil homme, veuf depuis peu. Sans sa femme, ses journées et ses soirées sont terriblement solitaires. Pour tromper son ennui, il regarde des matchs de baseball à la télé, injuriant les petits plaisantins qui attirent l’attention des caméras devant son repas mal cuit. Jusqu’au soir où il aperçoit, au troisième rang du stade de sa ville, le visage d’un homme qui ne peut pas se trouver là, pour la simple raison qu’il est mort depuis un demi-siècle.

Stephen King a pondu d’excellentes nouvelles, et démontre qu’il a compris cette époque en sortant celle-ci en version ebook, en compagnie de son acolyte Stewart O’Nan : King avait l’idée, O’Nan l’a rédigée. Je me suis retrouvée happée par l’histoire, et j’ai beaucoup aimé la fin, même si elle manquait un peu d’originalité. Pour autant, l’histoire est servie avec assez d’émotion pour en faire quelque chose de vraiment agréable. En somme, c’est une bonne nouvelle, mais elle reste décevante quand on est habitué·e à ce genre de lectures.
Les + :
On entre dans l’histoire très facilement.
Les – :
J’aurais aimé être un peu surprise par le dénouement.

4 Filles et un Jean, Pour Toujours – Ann Brashares (2011)
N°48 – Un Livre Jeunesse

804577Carmen, Lena, Tibby et Bridget sont amies depuis la naissance, et après avoir vécu toutes sortes d’aventures, de rituels et de pertes, les voilà désormais adultes. À l’approche de la trentaine, les filles conservent le contact de manière plus distante et détachée : Bridget, erratique, enchaîne les petits boulots et les déménagements sauvages, Lena végète dans sa vie d’artiste peintre malgré un parcours plein de promesses, Carmen s’investit à fond dans la vie mondaine en compagnie de son fiancé qu’aucune de ses amies n’apprécie afin de faire avancer sa carrière dans le cinéma, et Tibby ne donne littéralement plus de nouvelles depuis qu’elle s’est installée en Australie. Aussi, quand les filles reçoivent une invitation à séjourner en Grèce tous frais payés de la part de Tibby, elles ont seize ans à nouveau. Elles ne se doutent pas que leur vie est sur le point de basculer définitivement.

J’avais lu les deux premiers tomes de 4 Filles et un Jean, et même si j’ai lu des œuvres de bien meilleure qualité, je garde à cette saga une place spéciale dans mon cœur, parce qu’elle réussit à capter l’importance cruciale de l’amitié adolescente. Bon par contre, j’ignorais totalement qu’il y avait cinq tomes, je m’étais arrêtée au second. Tu te douteras que je ne te dirai rien du drame dont le résumé parle, parce qu’il est l’élément perturbateur du récit. Sauf que, forte de mes souvenirs de la saga, j’imaginais un truc un peu futile, qui a l’air d’une montagne, mais qui après des efforts et une séquence émouvante sur l’amitié qui triomphe de tout, redevient un petit événement ponctuel dans la vie. Autant dire que ce n’était rien d’aussi bénin. Tu te retrouves au contraire à lire un roman qui rappelle que tout peut changer du jour au lendemain et que certains événements marquent la fin d’une version de nous-même. Pour autant, tout n’est pas réussi : de nombreuses choses auront éveillé mon irritation. Carmen en particulier me laisse perplexe : on dirait qu’en dehors d’être latina, elle n’a d’autre trait de personnalité que l’égocentrisme. Même si la fin du livre est sensée tout expliquer et pardonner le comportement de Tibby, je trouve sa manière de procéder vraiment tordue. Et si on parlait du fait que trois des quatre filles sont toujours en couple ou amoureuses du même mec qu’au début de la saga ? Tu en connais combien, de tes potes de lycée qui sont toujours avec la même personne à l’âge adulte ? Sans parler du sujet qui fâche, et que j’étais sûre de retrouver dans ce livre : la parentalité. Car Ann Brashares est gentille, mais elle reste américaine. Alors forcément, quand tes héroïnes sont quatre filles de presque trente ans, ça finit par parler bébé. Et trois d’entre elles finissent par avoir des bébés dans leur vie, d’une manière ou d’une autre. Le concept d’avortement est bien évoqué, mais très rapidement écarté par un choix de qualificatifs plutôt pro-vie. C’est dommage de ne pas proposer des parcours vraiment différents.
Les + :
C’est étrangement plaisant de se retrouver à l’âge adulte avec les héroïnes de la saga de mon adolescence.
C’est plus émouvant que prévu
Les – :
Les filles sont parfois un peu caricaturales.
On sent la vision « famille américaine standard » qui a l’air d’aller de paire avec l’âge adulte…

Et voilà pour le premier Cursivatorium ! Rien ne garantit que je serai aussi prolifique lors de la sortie du #2, alors merci de ton attention, j’espère que tu as été intéressé·e par quelques unes de ces lectures, et n’hésite pas à laisser un petit commentaire si tu ressens le besoin de donner ton avis ou de me conseiller à ton tour des lectures ! 

LaChouette

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