Calendrier de l'Avent, Expositions, La Chatte

Avent 2017 ○ Paris, Studio Ghibli & photographie

Début décembre, au lancement de cet éprouvant calendrier de l’Avent bloguesque, j’étais chez ma sœur (que j’appellerai Sestra, parce que Orphan Black), à Paris.

À sa simple évocation, Paris allume des étoiles dans les yeux de beaucoup et je connais des gens qui adorent y vivre. Mais pour Sestra et moi, Paris est plus synonyme d’enfer que de paradis. Trop chère (quel que soit le sujet dont on parle), trop bruyante et malodorante, moins longtemps j’y reste, mieux je me porte. Je ne pourrais jamais y vivre. Pour autant, j’aime y passer quelques jours, en mode vacances, pour voir la famille ou à l’occasion d’événements spécifiques car, de par son statut de capitale (acquis depuis des siècles), Paris est le cœur névralgique de la Culture française et le lieu où naissent énormément de concepts qui prennent leur temps pour s’étendre au reste du pays.

Combien de fois ai-je râlé car des événements auxquels j’aurais adoré assister ne prenaient place qu’à Paris ? Je ne les compte plus. Mais cette fois-ci, je montai pile dans les temps pour mettre les pieds au Château éphémère. Cette boutique pop-up du Studio Ghibli rouvrait ses portes pour la troisième année consécutive, du 21 octobre au 3 décembre. Après avoir raté plusieurs expositions sur Miyazaki et son œuvre, il était hors de question que je passe à côté de ce pis-aller. Je n’avais donc qu’une idée en tête, y traîner Sestra (encore que je ne sais pas très bien qui d’elle ou de moi tirait l’autre) et faire craquer sans remord mon compte bancaire.

Malheureusement, ce fut une grosse déception. Tout d’abord, la boutique était minuscule et blindée de monde. On se marchait tous dessus en essayant de ne rien faire tomber des présentoirs, tout en cherchant à tout voir. Et le plus grave : les goodies étaient vraiment nuls ! À l’exception de baguettes japonaises et de jeux de cartes, la plupart étaient profondément inutiles et surtout passablement moches (je ne me remettrai jamais de ces sylvains en plastique phosphorescent qui, de mignonnes créatures un peu étranges, doivent tourner aux poupées de films d’horreur une fois la lumière éteinte). Je me suis sentie prise pour une conne, une fanatique sans cervelle de l’univers Ghibli, qui achèterait n’importe quoi tant qu’on le lui met sous les yeux.

Donne-le-moi-2

C’était hors de prix, tout en plastique, pas toujours bien moulé et extrêmement redondant ; on avait principalement droit à du Totoro, encore du Totoro, un peu de Kiki et vaguement de Princesse Mononoké. Au fait, je vous ai dit que c’était le Château éphémère du Studio Ghibli ? Parce qu’en vérité, c’était plutôt un espace Miyazaki : je ne me souviens pas avoir vu un seul goodie tiré d’un long-métrage de Takahata, qui est pourtant le second pilier du studio. Même si je sais que Miyazaki est le plus connu et aimé (en partie grâce à moi je l’avoue), j’aurais aimé retrouver un peu de son indispensable partenaire sur ces étagères.

Résultat des courses, en dix minutes, nous étions à nouveau dehors, notre compte en banque intact et la grogne au bord des lèvres. Je suis persuadée que, dans le monde merveilleux de l’Internet, des amoureux inconditionnels du Studio Ghibli proposent des produits dérivés de bien meilleure qualité pour des prix raisonnables. Je n’ai d’ailleurs qu’à me fier aux tee-shirts que j’ai acheté sur le site Tee-fury pour confirmer qu’il n’y a pas photo.


Alors, journée perdue, penses-tu ? Heureusement, Paris, malgré tous les défauts que je lui prête, est aussi pleine de surprises. À quelques pas de la boutique, rue Saint-Martin, une image saisissante me fait lever les yeux, m’interpelle et me scotche.

Untitled-#13-Dystopia-2017-©Vee-Speers
Untitled #13 Dystopia 2017 ©Vee Speers

Ce qui m’a le plus touché des couleurs délavées et hors du temps, de la simplicité de l’ensemble, du soulignement de la peau nue par le cuir et les plis du tissu, je ne saurai le dire. Mais cela a suffit pour que je pousse la porte de la salle d’exposition, entrant entre les murs de la School Gallery Paris. L’exposition est de l’artiste Vee Speers et s’intitule Distopia, et se place dans la suite des Birthday party et Bulletproof où elle photographia les mêmes enfants à l’enfance puis à l’adolescence, la clôturant. Aux côtés des photos, on pouvait observer certains des accessoires utilisés, choisis avec soin avec la photographe. Loin de démystifier les clichés, ils renforçaient l’honnêteté de la série.

Chaque photo exposée m’a adressé un message sans mot. Ce saisissement, je le connaissais déjà, certaines œuvres ont le pouvoir de le faire naître quelque part proche du cœur. C’est une sensation à la fois oppressante et extraordinaire, qui me coupe le souffle quelques secondes, qui me pique le nez et amène les larmes aux bords des yeux. Étrangement, les Miyazaki me font cet effet difficilement descriptible.

 

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Si tu habites Paris ou ses périphéries, je t’invite à aller te perdre dans le IIIe arrondissement pour les voir par toi-même. Tu as tous les mardis et samedis après-midi jusqu’au 22 décembre pour cela et, pour ne rien gâcher, c’est gratuit, alors n’hésite pas !

LaChatte

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